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Le syndrome d’Asperger
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Le syndrome d’Asperger en quelques lignes Par Nora GUILLOUARD, psychologue, Asperger-Amitié
Le syndrome d’Asperger est un trouble du développement du spectre autistique, qui a une origine neurobiochimique, associé à des problèmes génétiques. Il fait partie de l’extrémité « haute » du continuum autistique. Ce syndrome est caractérisé par des difficultés marquées dans le domaine des interactions sociales. Les domaines de la communication, de la compréhension et de la vie sociale sont affectés. La personne montre peu de réciprocité émotionnelle et relationnelle, évite souvent de rencontrer le regard de son interlocuteur, montre des difficultés pour parler d’elle, de son ressenti et décrypte mal les émotions des personnes qui l’entourent. La plupart des « Aspies » peinent à s’inscrire dans des conversations réciproques (difficulté à rebondir sur le contenu du discours de l’autre, à montrer de l’empathie et à se détacher de sujets restreints et répétitifs qui lui sont propres). Les personnes atteintes par ce syndrome montrent une difficulté à déceler les codes sociaux et à se saisir des subtilités du langage (jeux de mots, métaphores..). On note une tendance à interpréter les propos de son partenaire dans leur sens littéral, ce qui entraîne un manque de réciprocité et de concordance au cours des échanges. L’Asperger ne parvient pas aisément à se mettre à la place de l’autre, de ce fait, il n’imagine pas que la personne face à lui, puisse ne pas saisir tout le contenu de son discours. Par conséquent, le discours de « l’Aspie » peut devenir hermétique aux « neurotypiques ». L’Asperger a bien du mal à ajuster ses propos en fonction de la personne à qui il s’adresse, parfois même il peut être accusé d’indélicatesse ; non pas parce qu’il l’est réellement, mais plutôt parce qu’il n’a pas conscience que certaines choses ne sont pas toujours bonnes à dire. Les capacités langagières peuvent être très élaborées, toutefois la personne « Asperger » s’adresse souvent à l’autre sur un ton monocorde, avec une intensité sonore peu ou trop faible, presque dénuée de variations émotionnelles. De même, elle a du mal à identifier la tonalité affective du message qui lui est adressé en fonction des modulations vocales et des expressions faciales de l’autre. On évoque souvent des tentatives de communication maladroites et hésitantes, où le sujet est dispersé et se perd dans des descriptions focalisées sur des détails et centrées sur des connaissances qu’il maîtrise, coupant régulièrement la parole de l’autre pour délivrer son message coûte que coûte. La personne ignore les règles conversationnelles et n’a pas appris à aborder une personne autrement qu’à travers ses préoccupations, si diverses soient elles (météorologie, astronomie, chiffres, informatiques, dates historiques..).
La plupart des personnes qui présentent ce trouble ont une intelligence normale. Certaines sont dotées de capacités exceptionnelles dans des domaines très spécifiques et montrent une grande culture générale. Leur intégration dans la société demeure toutefois laborieuse en partie à cause de leurs difficultés sur le plan social, de la méconnaissance de la société sur ce trouble mais aussi en raison d’autres traits impliqués par ce syndrome, comme la résistance au changement. En effet, les « Asperger » présentent des rigidités comportementales avec à titre d’exemple, la mise en place de rituels dont ils peuvent difficilement se défaire et qui viennent enrayer leur capacité à s’adapter aux changements dans leur environnement. Chaque modification (changement d’itinéraire ou d’horaires) n’est jamais dépourvue d’angoisse et peut devenir très contraignante pour la famille. Tout se passe comme si « l’Aspie » ressentait la nécessité d’organiser et de structurer son environnement comme pour se protéger d’un monde peu rassurant, dans lequel il a bien du mal à trouver sa place. Beaucoup de personnes atteintes par le syndrome rapportent l’existence de troubles sensoriels qui peuvent être particulièrement envahissants et contraignants dans leur vie quotidienne. Ces troubles concernent la perception visuelle, tactile et sonore. Certains présentent des hypersensibilités aux bruits (sirènes, machines de chantier, applaudissements dans une salle de concert), aux aliments, et aux stimulations visuelles (intolérance à la lumière des tubes néons par exemple) ; d’autres peuvent présenter une très faible sensibilité à la douleur, c’est-à-dire qu’ils peuvent ne pas réaliser qu’ils touchent de l’eau brûlante ou ne pas ressentir de douleur face à la maladie. Ces signes peuvent donc être très handicapants pour la personne elle-même et pour l’entourage familial au quotidien. Les « Aspies » peuvent avoir des difficultés à se repérer dans l’espace et dans le temps, présenter des difficultés sur le plan moteur (marche dite « gauche », manque de coordination) et pour accomplir les gestes graphiques (dysgraphie). Le syndrome d’Asperger se différencie de l’autisme de type Kanner dans le sens où ce syndrome n’implique pas de retard cliniquement significatif ou de déficience au niveau du développement cognitif et langagier. Toutefois, la frontière entre l’autisme de haut niveau et le SA demeure floue sur le plan diagnostique.
Critères diagnostiques du Syndrome d’Asperger selon le DSM-4 |
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« Depuis quelques années, je perçois mieux l’espèce de courant électrique qui passe entre les gens, quelque chose de beaucoup plus subtil que la colère, le bonheur ou la peur. J’ai observé que lorsque plusieurs personnes étaient réunies et qu’elles s’amusaient ensemble, leurs rires et leurs paroles suivaient un certain rythme. Elles rient ensemble, puis discutent tranquillement jusqu’à la prochaine crise de rire. Depuis toujours, j’ai du mal à suivre ce rythme et j’interromps habituellement la conversation sans m’apercevoir de la bourde que je commets » (Temple Grandin). |
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Pour d’autres informations sur le syndrome d’Asperger vous trouverez ici une video tournée en Novembre 2010 par Nancy WebTV avec la participation du Dr Vincent Edelson, pédopsychiatre, et de Valérie Merou, présidente d’Asperger Lorraine. |